L’autre jour, mon fiston Parisien m’envoyait des photos depuis la salle d’escalade oùil va régulièrement grimper. L’une d’elle donne une vue totale du mur depuis le soljusqu’en haut couvert de ces dizaines de prises multicolores aux formes multiples.Marrant ce patchwork de formes et de couleurs disséminées comme sur une grandetoile, on dirait une oeuvre d’art abstrait de Richter.On imagine très bien un artiste fougueux projeter sur le mur tout ce qui lui vient sousla main dans des élans passionnés et anarchiques : des pavés de peinture verte, desgrosses gouttes bleues à coups de pinceaux par les 2 bras, des vieux cendriers griscollants de nicotine, des moules à gaufres oranges, des peaux de banane, des fritesde patate douce, des oreillettes et des tomates cerises, des ballons crevés, des pifsde clown, des malabars, des gommes, des protège-genoux et du réglisse fondu. Lerésultat donnerait ce joyeux fatras contemporain de formes colorées étalées en toussens sans logique. Et alors il n’y aurait qu’à grimper sur la toile en s’amusant à saisirun relief ou l’autre pour progresser sur l’œuvre tel un Spider-Man !Et je me disais en observant cette photo-toile originale de mon fiston, que ce mur mefaisait penser à notre manière de progresser dans l’existence, d’une prise à l’autre,tant bien que mal, cramponnés comme on peut, pifs et faces contre la paroi, fragileset déterminés. Une belle analogie du processus thérapeutique, dans lequel ontatonne, on cherche, on réfléchit, on se hisse, on tombe, on essaie, on s’accroche,on recommence. Comme en escalade on développe en thérapie une confiance dansses ressources, une souplesse psychique, une agilité, une endurance émotionnelle.Comme en escalade on affine la capacité à décrypter, à comprendre les prises, et lescrises, à repérer les soutiens à saisir, reconnaître nos besoins, à anticiper nos étatslimites. Comme en escalade, la thérapie nécessite de se focaliser avec précision surla manière optimale de placer nos pieds avant de charger le poids de notre corps surnos appuis. C’est le pas à pas, le cheminement accompagné, saisir les aides, lesmoyens pour avancer avec patience, à notre juste rythme, avec prudence.Et peu à peu, le stress traumatique se réduit, la conscience psychique et corporellegrandit. Prise après prise, de conscience, on trouve l’équilibre, la fluidité, on vise lehaut, on prend du recul, on a moins peur du vide.Oui, en thérapie comme en escalade, on se retrouve dans des postures improbables,le pied droit au-dessus de la tête, la gauche allongée à angle droit, les jambes engrenouille, les bras en équerre, la tête en bas, les biceps pendus, le corps flottant au-dessus du vide cramponné à deux doigts, en pont, en boule, en extension. C’est lavie qui prend formes !Les amis, on n’est pas tous Alex Honnold, mais chacune de nos vies est comme unmur couvert de prises, de conscience, de risque, de tête, de sang, de son, decourant, de poids, de bec, et finalement de hauteur, de recul, de lumière !Que votre semaine soit belle, comme une ascension prise à bras le cœur !
Prises de hauteur !
Prises de hauteur !
L’autre jour, mon fiston Parisien m’envoyait des photos depuis la salle d’escalade oùil va régulièrement grimper. L’une d’elle donne une vue totale du mur depuis le soljusqu’en haut couvert de ces dizaines de prises multicolores aux formes multiples.Marrant ce patchwork de formes et de couleurs disséminées comme sur une grandetoile, on dirait une oeuvre d’art abstrait de Richter.On imagine très bien un artiste fougueux projeter sur le mur tout ce qui lui vient sousla main dans des élans passionnés et anarchiques : des pavés de peinture verte, desgrosses gouttes bleues à coups de pinceaux par les 2 bras, des vieux cendriers griscollants de nicotine, des moules à gaufres oranges, des peaux de banane, des fritesde patate douce, des oreillettes et des tomates cerises, des ballons crevés, des pifsde clown, des malabars, des gommes, des protège-genoux et du réglisse fondu. Lerésultat donnerait ce joyeux fatras contemporain de formes colorées étalées en toussens sans logique. Et alors il n’y aurait qu’à grimper sur la toile en s’amusant à saisirun relief ou l’autre pour progresser sur l’œuvre tel un Spider-Man !Et je me disais en observant cette photo-toile originale de mon fiston, que ce mur mefaisait penser à notre manière de progresser dans l’existence, d’une prise à l’autre,tant bien que mal, cramponnés comme on peut, pifs et faces contre la paroi, fragileset déterminés. Une belle analogie du processus thérapeutique, dans lequel ontatonne, on cherche, on réfléchit, on se hisse, on tombe, on essaie, on s’accroche,on recommence. Comme en escalade on développe en thérapie une confiance dansses ressources, une souplesse psychique, une agilité, une endurance émotionnelle.Comme en escalade on affine la capacité à décrypter, à comprendre les prises, et lescrises, à repérer les soutiens à saisir, reconnaître nos besoins, à anticiper nos étatslimites. Comme en escalade, la thérapie nécessite de se focaliser avec précision surla manière optimale de placer nos pieds avant de charger le poids de notre corps surnos appuis. C’est le pas à pas, le cheminement accompagné, saisir les aides, lesmoyens pour avancer avec patience, à notre juste rythme, avec prudence.Et peu à peu, le stress traumatique se réduit, la conscience psychique et corporellegrandit. Prise après prise, de conscience, on trouve l’équilibre, la fluidité, on vise lehaut, on prend du recul, on a moins peur du vide.Oui, en thérapie comme en escalade, on se retrouve dans des postures improbables,le pied droit au-dessus de la tête, la gauche allongée à angle droit, les jambes engrenouille, les bras en équerre, la tête en bas, les biceps pendus, le corps flottant au-dessus du vide cramponné à deux doigts, en pont, en boule, en extension. C’est lavie qui prend formes !Les amis, on n’est pas tous Alex Honnold, mais chacune de nos vies est comme unmur couvert de prises, de conscience, de risque, de tête, de sang, de son, decourant, de poids, de bec, et finalement de hauteur, de recul, de lumière !Que votre semaine soit belle, comme une ascension prise à bras le cœur !
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