Le wk dernier dans le train Toulouse-Paris, j’étais assise dans une rame très calme,silencieuse, studieuse. Chacun vaquait à son monde, mon voisin aspiré par l’écrande son ordi, bossait en soupirant, de l’autre côté une mamie tricotait avec soin, lesyeux vaguement attirés ponctuellement par le défilé du paysage. Devant moi,j’entendais chuchoter deux copines concentrées sur le même film. En me retournantà peine, je pouvais associer le son d’un sifflement de narine à la bouche grandeouverte d’un profond ensommeillé du transport. Un peu plus loin un groupe desérieux hommes d’affaires à demi étranglés dans leurs cravates s’échangeaient parinstants une phrase ou deux sans jamais entamer une vraie conversation. A leurdroite, une jeune femme, ni absorbée par son écran ni captivée par son polar, luttaitcontre ses paupières lourdes en grignotant un crocodile Haribo. Entre deux momentsd’observation de ces humains proches, je lisais Raide Vivant de Paul Bonhomme etnotais fébrilement les passages tellement beaux qui me touchaient le cœur.L’ambiance était calme, chaque voyageur flottait dans sa bulle autonome, aucunetension ni aucune sympathie particulière ne nous reliait les uns aux autres. Un côte àcôte de mondes singuliers, notre seul point de jonction étant notre présencecommune en cet instant dans cette rame roulante de Toulouse à Paris qui noustransportait au même rythme. On dodelinait en parallèle, dans nos pensées, nos ordi,nos tricots, nos bouquins, nos bonbecs ou nos rêves, dans cet espace-temps entre ledépart et l’arrivée.
Le gazouillis miraculeux !
Le gazouillis miraculeux !
Le wk dernier dans le train Toulouse-Paris, j’étais assise dans une rame très calme,silencieuse, studieuse. Chacun vaquait à son monde, mon voisin aspiré par l’écrande son ordi, bossait en soupirant, de l’autre côté une mamie tricotait avec soin, lesyeux vaguement attirés ponctuellement par le défilé du paysage. Devant moi,j’entendais chuchoter deux copines concentrées sur le même film. En me retournantà peine, je pouvais associer le son d’un sifflement de narine à la bouche grandeouverte d’un profond ensommeillé du transport. Un peu plus loin un groupe desérieux hommes d’affaires à demi étranglés dans leurs cravates s’échangeaient parinstants une phrase ou deux sans jamais entamer une vraie conversation. A leurdroite, une jeune femme, ni absorbée par son écran ni captivée par son polar, luttaitcontre ses paupières lourdes en grignotant un crocodile Haribo. Entre deux momentsd’observation de ces humains proches, je lisais Raide Vivant de Paul Bonhomme etnotais fébrilement les passages tellement beaux qui me touchaient le cœur.L’ambiance était calme, chaque voyageur flottait dans sa bulle autonome, aucunetension ni aucune sympathie particulière ne nous reliait les uns aux autres. Un côte àcôte de mondes singuliers, notre seul point de jonction étant notre présencecommune en cet instant dans cette rame roulante de Toulouse à Paris qui noustransportait au même rythme. On dodelinait en parallèle, dans nos pensées, nos ordi,nos tricots, nos bouquins, nos bonbecs ou nos rêves, dans cet espace-temps entre ledépart et l’arrivée.
Propositions
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