S'abonner à l'émission lundi 16 juin 2025 Art-thérapie Durée 3 min

La fragilité, un royaume de lumière !

Parmi les belles personnes avec lesquelles j’ai la chance d’entrer en lien en atelierchant-thérapie, il y a des patients très âgés au visage tout ridé de bonté. On diraitque leurs rides sont nées de la force et de la permanence de leur sourire ! Arlette n’aplus la force de se tenir debout, elle n’a plus la capacité de se nourrir seule, ni laliberté de poser des choix. D’autres, des proches, des soignants, le font pour elle.Mais quand je cherche à entrer en lien avec elle, quand je pose mon regard sur lesien et que je le soutiens, calée bien en face de son visage, disponible, à l’affût, luiproposant une mélodie, des gestes de bras lents et sobres, et que je la vois s’allumerde joie avec la ferveur d’un enfant qui découvre le sapin de Noël, chaque fois j’ai lefrisson ! Arlette a perdu le langage des mots mais si on prend le temps de semanifester à elle, dans un moment posé, dédié, personnalisé, dans une présencecorporelle adaptée à elle, alors on entend dans ses yeux, on lit sur son visage et sursa posture, toute la musique et la beauté de son être. Provoquer le lien, le chercherintensément, allume littéralement le visage d’Arlette, réveille les capacités motricesqui lui restent : elle se lance alors en miroir dans des gestes de bras, elle les ouvre,les balance, les lève, en riant de se sentir vivante. Elle se met à chantonner des airsinconnus, à bredouiller des syllabes qui la mettent en liesse. Et on se fout de ne riencomprendre, car il n’y a rien à comprendre, il y a juste à ressentir, à accueillir. Dansce réveil à la vie, Arlette a tous les âges, 5 ans, 20 ans, 100 ans. C’est simple, c’estencore plus beau que d’assister à un lever de soleil ! Il n’y a pas de méthode dansl’art-thérapie, il y a simplement la rencontre et la disponibilité de deux êtres,thérapeute et patient, à un instant T, avec leur désir commun que la vie soit plus forteque tout. Arlette avec son presque siècle est au bout du chemin, tandis que j’aiencore à priori quelques décennies devant moi. Et l’incroyable c’est que dans sonimmense précarité et petitesse, c’est elle qui m’éclaire et me nourrit. J’espère biensûr lui apporter apaisement, détente, consolation, oui c’est mon désir et mon boulot,mais si je peux toujours douter de mon efficacité, je sais en revanche avec certitudequ’Arlette est un royaume de lumière ! On sait combien la maladie est une épreuve,pour la personne atteinte et pour les proches. L’exercice du lien se trouvebouleversé, transformé, surtout quand le langage et la mémoire sont réduits audésert, mais la rencontre avec la personne fragile, chaque fois qu’elle a lieu, est unesource d’une profondeur insondable pour le cœur.

La fragilité, un royaume de lumière  !
Parmi les belles personnes avec lesquelles j’ai la chance d’entrer en lien en atelierchant-thérapie, il y a des patients très âgés au visage tout ridé de bonté. On diraitque leurs rides sont nées de la force et de la permanence de leur sourire  ! Arlette n’aplus la force de se tenir debout, elle n’a plus la capacité de se nourrir seule, ni laliberté de poser des choix. D’autres, des proches, des soignants, le font pour elle.Mais quand je cherche à entrer en lien avec elle, quand je pose mon regard sur lesien et que je le soutiens, calée bien en face de son visage, disponible, à l’affût, luiproposant une mélodie, des gestes de bras lents et sobres, et que je la vois s’allumerde joie avec la ferveur d’un enfant qui découvre le sapin de Noël, chaque fois j’ai lefrisson  ! Arlette a perdu le langage des mots mais si on prend le temps de semanifester à elle, dans un moment posé, dédié, personnalisé, dans une présencecorporelle adaptée à elle, alors on entend dans ses yeux, on lit sur son visage et sursa posture, toute la musique et la beauté de son être. Provoquer le lien, le chercherintensément, allume littéralement le visage d’Arlette, réveille les capacités motricesqui lui restent  : elle se lance alors en miroir dans des gestes de bras, elle les ouvre,les balance, les lève, en riant de se sentir vivante. Elle se met à chantonner des airsinconnus, à bredouiller des syllabes qui la mettent en liesse. Et on se fout de ne riencomprendre, car il n’y a rien à comprendre, il y a juste à ressentir, à accueillir. Dansce réveil à la vie, Arlette a tous les âges, 5 ans, 20 ans, 100 ans. C’est simple, c’estencore plus beau que d’assister à un lever de soleil  ! Il n’y a pas de méthode dansl’art-thérapie, il y a simplement la rencontre et la disponibilité de deux êtres,thérapeute et patient, à un instant T, avec leur désir commun que la vie soit plus forteque tout. Arlette avec son presque siècle est au bout du chemin, tandis que j’aiencore à priori quelques décennies devant moi. Et l’incroyable c’est que dans sonimmense précarité et petitesse, c’est elle qui m’éclaire et me nourrit. J’espère biensûr lui apporter apaisement, détente, consolation, oui c’est mon désir et mon boulot,mais si je peux toujours douter de mon efficacité, je sais en revanche avec certitudequ’Arlette est un royaume de lumière  ! On sait combien la maladie est une épreuve,pour la personne atteinte et pour les proches. L’exercice du lien se trouvebouleversé, transformé, surtout quand le langage et la mémoire sont réduits audésert, mais la rencontre avec la personne fragile, chaque fois qu’elle a lieu, est unesource d’une profondeur insondable pour le cœur.
Partager
  • Copier ce code (Ctrl+C) pour l'intégrer dans votre page :

Commander sur CD
Une émission présentée par
Présentatrice

Réagir à cette émission Cliquez ici

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Propositions

mercredi 12 août 2026

Claudette, le goût de la fête !

Depuis quelques mois, je retrouve ma p’tite patiente Claudette au centre d’accueilAlzheimer où j’interviens. Elle a bientôt 100 ans, et me touche, me fascine de sarésilience et (…)
Écouter
Partager
mardi 11 août 2026

Rassembleur d’horizons !

[ Rediffusion ] En me baladant à pattes dans Toulouse, je passe parfois devant la Fédération Française des Clubs Alpins et Montagne, dont la devanture, plutôt moche, me séduit (…)
Écouter
Partager
lundi 10 août 2026

Wagon de rêve !

[ Rediffusion ] L’autre jour dans le train, la contrôleuse des billets avait une attitude tout à faitépatante. Elle irradiait d’un enthousiasme communicatif, réclamait les billets enchantant, adressait un merci personnalisé à chacun de (…)
Écouter
Partager
vendredi 7 août 2026

Prises de hauteur !

[ Rediffusion ] L’autre jour, mon fiston Parisien m’envoyait des photos depuis la salle d’escalade oùil va régulièrement grimper. L’une d’elle donne une vue totale du mur depuis le soljusqu’en haut couvert de ces dizaines de prises (…)
Écouter
Partager
jeudi 6 août 2026

Bulle bienfaisante ou isolement ?

[ Rediffusion ] Dans les rues, les trajets, les rames de métro, on se retrouve très fréquemmentvoisin d’un humain casqué ou bardé d’oreillettes bien calées sur les tympans, (…)
Écouter
Partager
mercredi 5 août 2026

SDF de lumière !

[ Rediffusion ] Quand je marche dans Toulouse, je suis toujours fascinée par l’épaisseur de la foule, la densité du flux humain en tous sens, ces innombrables corps en marche ou assis ça et là, qui se croisent au hasard d’une rue, au (…)
Écouter
Partager
Soutenir par un don