J’ai adoré cette petite exclamation enthousiaste, toute chargée d’amour et d’humourque m’a lancée l’autre jour une patiente centenaire en conclusion d’un atelier chant-thérapie, avec un gros clin d’œil frétillant. Depuis 1h on vibrait ensemble dechansons en mélodies, de swings en balancements de mentons, dans cette salled’Ehpad aux allures de cantine. Germaine, Augustine, Marie-Thérèse, Bernadette,les yeux et le coin des lèvres pétillants d’émotions, s’étaient laissées embarquer,reconnectées à leurs 20 ans. Je suis tellement touchée de voir ces corps fragiles,menus, se déplier, se relever, se déployer sous l’effet des chansons et musiquesreconnues, de voir ressusciter les émotions vécues sur les pistes de bal de 1935 ! Jeprends toujours en fin d’atelier un temps face à chacun, pour stimuler la verbalisationet l’expression des ressentis. « La musique ça m’apaise, j’aime danser, je me sensjeune, je savais pas que j’avais encore une voix »…Cette fois, l’exclamationd’Huguette sortie de son cœur comme une évidente conclusion m’en a bouché uncoin ! « Elle est trop belle ta jupe ! » Ma jupe ? Quel rapport avec le chant, nos voix,ces rythmes ? Ma jupe honnêtement concrètement n’avait en plus rien d’épatant.Mais j’ai saisi dans ces mots d’Huguette lancés comme une étincelle la larme à l’œilet le sourire en coin, que ma jupe, ce bout de tissu, n’était pas seulement l’objet desa joie, mais le prétexte à créer un lien entre nous 2, ma jupe comme un fil d’or entrenous : on se connait, je t’ai vue, on a des goûts communs, on est proches, ensembleon a tous les âges, pas 50 ou 100 ans, celui de l’éternité. Il était clair que l’intention àsaisir derrière cette petite phrase de rien était dense, profonde. A 100 ans plus quejamais ce ne sont pas les mots du dehors qui comptent, mais le message offert àl’arrière de ces mots. Ta jupe est belle, c’est merci, c’est je t’aime, c’est reviens, c’estje veux vivre ce lien. Cette petite phrase sobre et lumineuse, c’est une étincelled’amour et de vie. Huguette a 100 ans, et c’est elle qui donne encore, c’est elle quiétonne, qui surprend. C’est elle qui a le mot de la fin, insolite, incisif, bref, jailli ducœur, chargé du désir de vivre et d’aimer. Elle est trop belle ta jupe ! Uneexclamation enfantine et libre, dérivée de la question, dépassant l’attente, drôle etvivante ! Huguette dans cette conclusion nous a ramenées ensemble à l’uniqueessentiel : le lien. Qu’importent les outils thérapeutiques, le chant, la gestuelle, lamusique, le pinceau, le nez de clown, qu’importe la manière de vibrer, pourvu que lelien soit et nous saisisse à l’endroit le plus vital, à cœur et au cœur ! Nippésélégamment ou bien fripés dans nos peignoirs, cultivons en tous moments nos liens,thérapeutiques, pro, amicaux, familiaux… Maintenant et jusqu’à nos100 ans, ils sontnotre essentiel, notre ciel ici-bas !
« Elle est trop belle ta jupe ! »
« Elle est trop belle ta jupe ! »
J’ai adoré cette petite exclamation enthousiaste, toute chargée d’amour et d’humourque m’a lancée l’autre jour une patiente centenaire en conclusion d’un atelier chant-thérapie, avec un gros clin d’œil frétillant. Depuis 1h on vibrait ensemble dechansons en mélodies, de swings en balancements de mentons, dans cette salled’Ehpad aux allures de cantine. Germaine, Augustine, Marie-Thérèse, Bernadette,les yeux et le coin des lèvres pétillants d’émotions, s’étaient laissées embarquer,reconnectées à leurs 20 ans. Je suis tellement touchée de voir ces corps fragiles,menus, se déplier, se relever, se déployer sous l’effet des chansons et musiquesreconnues, de voir ressusciter les émotions vécues sur les pistes de bal de 1935 ! Jeprends toujours en fin d’atelier un temps face à chacun, pour stimuler la verbalisationet l’expression des ressentis. « La musique ça m’apaise, j’aime danser, je me sensjeune, je savais pas que j’avais encore une voix »…Cette fois, l’exclamationd’Huguette sortie de son cœur comme une évidente conclusion m’en a bouché uncoin ! « Elle est trop belle ta jupe ! » Ma jupe ? Quel rapport avec le chant, nos voix,ces rythmes ? Ma jupe honnêtement concrètement n’avait en plus rien d’épatant.Mais j’ai saisi dans ces mots d’Huguette lancés comme une étincelle la larme à l’œilet le sourire en coin, que ma jupe, ce bout de tissu, n’était pas seulement l’objet desa joie, mais le prétexte à créer un lien entre nous 2, ma jupe comme un fil d’or entrenous : on se connait, je t’ai vue, on a des goûts communs, on est proches, ensembleon a tous les âges, pas 50 ou 100 ans, celui de l’éternité. Il était clair que l’intention àsaisir derrière cette petite phrase de rien était dense, profonde. A 100 ans plus quejamais ce ne sont pas les mots du dehors qui comptent, mais le message offert àl’arrière de ces mots. Ta jupe est belle, c’est merci, c’est je t’aime, c’est reviens, c’estje veux vivre ce lien. Cette petite phrase sobre et lumineuse, c’est une étincelled’amour et de vie. Huguette a 100 ans, et c’est elle qui donne encore, c’est elle quiétonne, qui surprend. C’est elle qui a le mot de la fin, insolite, incisif, bref, jailli ducœur, chargé du désir de vivre et d’aimer. Elle est trop belle ta jupe ! Uneexclamation enfantine et libre, dérivée de la question, dépassant l’attente, drôle etvivante ! Huguette dans cette conclusion nous a ramenées ensemble à l’uniqueessentiel : le lien. Qu’importent les outils thérapeutiques, le chant, la gestuelle, lamusique, le pinceau, le nez de clown, qu’importe la manière de vibrer, pourvu que lelien soit et nous saisisse à l’endroit le plus vital, à cœur et au cœur ! Nippésélégamment ou bien fripés dans nos peignoirs, cultivons en tous moments nos liens,thérapeutiques, pro, amicaux, familiaux… Maintenant et jusqu’à nos100 ans, ils sontnotre essentiel, notre ciel ici-bas !
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