Je traversais l’autre jour à vélo le pont des Catalans. J’aime bien regarder à la volée, les visages que je croise, contractés dans l’effort de pédalage, sereins le pif au vent, les yeux qui roulent façon GPS à l’affut des obstacles, la banane hilare embarquée dans une musique d’oreillettes sûrement pétaradante, le front déterminé à demi planqué sous la visière du casque. Chacun a sa tronche et moi sûrement la mienne, et il arrive que nos regards se croisent et se disent merde ou bonjour. Ce jour-là, sur quelques mètres, j’ai eu droit à un spectacle que j’ai trouvé tout à fait fabuleux. A cette heure de la journée, la moitié du pont dans sa largeur se trouvait à l’ombre, l’autre, celle sur laquelle je pédalais, chauffait encore fort sous le soleil, et je voyaisles visages de mes copains à pédales passer en un instant de l’ombre à la lumière.Un passage fulgurant ! Et c’était beau ! Chaque visage avait l’air d’une résurrection !Les yeux se plissaient dans l’éclaboussure soudaine du soleil, toute la peau irradiait, bronzée, luisante, un air de vacances, les cheveux dorés pétillants. On aurait dit quechacun l’un après l’autre entrait sur scène pour un show de toute joyeuseté sous desprojos valorisants, prêt à déclamer une jolie tirade pleine de vie. Le passage dusombre au lumineux était tranchant, net. Je ne suis pas, je suis. J’étais cachée, mevoilà. Un défilé d’artistes en belle et due forme ! En voilà une belle analogie de l’art-thérapie ! Je trouve partout des analogies me direz-vous, et c’est parfaitement vrai, jesuis un peu fol-dingote des symboles et des analogies ! Et là, j’en avais une si belle !Le passage à son insu de l’ombre à la lumière. C’est exactement la finalité desateliers art-thérapeutiques ! On chante, on danse, on joue, on clame, pour faire sortirde l’ombre les émotions bloquées, tous les non-dits restés tapis dans le fond de noscoulisses intérieures. On clown, on peint, on colle, on coupe, pour décharger lestraumas des poids émotionnels qui pèsent lourd dans nos psychés et sur nos dos !On chemine en créant, comme un cycliste qui pédale, du sombre et lourd aulumineux léger, du froid de l’ombre au chaud du jour, on s’ouvre à la vie, on déridenos visages à la clarté d’un nouveau soleil. Qui n’en a pas besoin ? La vie est uneintense péladade par tous temps, et qu’il est bon de se sentir enveloppé de lumièrechaude, embrassé d’énergie solaire ! On a besoin d’entrer régulièrement dans desespaces de répit qui nous portent et consolent nos fatigues. Lâcher les coups depédale, glisser en roues libres, le soleil en pleine face en partenaire réconfortant.Que nous soyons cyclistes, marcheurs méditatifs, coureurs de fond, fans de longe-côte, pilote de side-car, aventuriers des mers, dans tous les cas nous sommes enchemin, et les pauses sont vitales, dans des espaces de lumière chaude quirégénèrent nos corps et irriguent nos psychés. Que votre semaine soit belle,réchauffée de ces passages féériques de l’ombre au soleil sur les ponts de la VilleRose comme dans nos cœurs !
De l’ombre à la lumière !
De l’ombre à la lumière !
Je traversais l’autre jour à vélo le pont des Catalans. J’aime bien regarder à la volée, les visages que je croise, contractés dans l’effort de pédalage, sereins le pif au vent, les yeux qui roulent façon GPS à l’affut des obstacles, la banane hilare embarquée dans une musique d’oreillettes sûrement pétaradante, le front déterminé à demi planqué sous la visière du casque. Chacun a sa tronche et moi sûrement la mienne, et il arrive que nos regards se croisent et se disent merde ou bonjour. Ce jour-là, sur quelques mètres, j’ai eu droit à un spectacle que j’ai trouvé tout à fait fabuleux. A cette heure de la journée, la moitié du pont dans sa largeur se trouvait à l’ombre, l’autre, celle sur laquelle je pédalais, chauffait encore fort sous le soleil, et je voyaisles visages de mes copains à pédales passer en un instant de l’ombre à la lumière.Un passage fulgurant ! Et c’était beau ! Chaque visage avait l’air d’une résurrection !Les yeux se plissaient dans l’éclaboussure soudaine du soleil, toute la peau irradiait, bronzée, luisante, un air de vacances, les cheveux dorés pétillants. On aurait dit quechacun l’un après l’autre entrait sur scène pour un show de toute joyeuseté sous desprojos valorisants, prêt à déclamer une jolie tirade pleine de vie. Le passage dusombre au lumineux était tranchant, net. Je ne suis pas, je suis. J’étais cachée, mevoilà. Un défilé d’artistes en belle et due forme ! En voilà une belle analogie de l’art-thérapie ! Je trouve partout des analogies me direz-vous, et c’est parfaitement vrai, jesuis un peu fol-dingote des symboles et des analogies ! Et là, j’en avais une si belle !Le passage à son insu de l’ombre à la lumière. C’est exactement la finalité desateliers art-thérapeutiques ! On chante, on danse, on joue, on clame, pour faire sortirde l’ombre les émotions bloquées, tous les non-dits restés tapis dans le fond de noscoulisses intérieures. On clown, on peint, on colle, on coupe, pour décharger lestraumas des poids émotionnels qui pèsent lourd dans nos psychés et sur nos dos !On chemine en créant, comme un cycliste qui pédale, du sombre et lourd aulumineux léger, du froid de l’ombre au chaud du jour, on s’ouvre à la vie, on déridenos visages à la clarté d’un nouveau soleil. Qui n’en a pas besoin ? La vie est uneintense péladade par tous temps, et qu’il est bon de se sentir enveloppé de lumièrechaude, embrassé d’énergie solaire ! On a besoin d’entrer régulièrement dans desespaces de répit qui nous portent et consolent nos fatigues. Lâcher les coups depédale, glisser en roues libres, le soleil en pleine face en partenaire réconfortant.Que nous soyons cyclistes, marcheurs méditatifs, coureurs de fond, fans de longe-côte, pilote de side-car, aventuriers des mers, dans tous les cas nous sommes enchemin, et les pauses sont vitales, dans des espaces de lumière chaude quirégénèrent nos corps et irriguent nos psychés. Que votre semaine soit belle,réchauffée de ces passages féériques de l’ombre au soleil sur les ponts de la VilleRose comme dans nos cœurs !
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