En Ehpad la semaine dernière, je cherchais ma patiente Danielle. Danielle commetoutes les personnes atteintes d’Alzheimer, est fragile, désorientée, mais ce quifrappe quand on la croise, c’est son visage et son sourire, sur lesquels on lit entransparence son cœur doux comme du papier de soie.Quand j’arrive en début d’après-midi, je trouve habituellement Danielle assise dans lesalon sur un rayon de soleil, dodelinant du menton parmi ses copains d’âge, dans unroupillon bien mérité. Elle repère probablement mon arrivée à ma voix car il suffit queje fasse 2 pas vers elle pour qu’elle relève vers moi son regard bleu du ciel. Ellem’attend, elle sait que ma venue est synonyme de chant, et le chant c’est sonespace à elle, sa clé, son moment, un temps suspendu pendant lequel sa maladies’efface, une bulle pendant laquelle sa mémoire est active, vaillante, vive, relevée,généreuse.Danielle est passionnée de chansons, elle est une artiste à la mémoire truffée denotes, de croches et triolets, de silences et soupirs qui signifient la vie, vibrante demultiples mélodies et des paroles qui vont avec. Il y a la Danielle courbée,laborieuse, qui traine et tire sur le carrelage ses semelles qui semblent peser si lourd,le visage vers le sol, la démarche chaotique, les chutes fréquentes, Et il y a laDanielle qui chante, qui relève buste et visage, qui ouvre son gosier comme unoiseau de paradis et s’envole sur les portées de chansons de tous âges, en souriant,ouverte au monde, en respirant, oxygénée, et qui alors dit tout, qui communie avecles anges et les étoiles !Après qu’elle ait chanté, elle reste dans cet état d’ouverture, quasi d’extase, encoreun moment, comme les flocons des boules à neige en lent suspens au-dessus dupaysage. Dans cet état, le cœur de Danielle est dans ses yeux, dans ses mains,dans ses bras, dans ses jambes. La ferveur musicale qui l’habite navigue dans soncorps comme une sève. Et Danielle partage et diffuse autour d’elle cette chaleurjoyeuse qui la porte.C’est dans cet élan que je l’ai vue la semaine dernière sortir de notre salle aprèsl’atelier chant, marcher, ou plutôt voguer à la rencontre des résidents les jambesvigoureuses et les talons soulevés, les embrasser un à un dans un geste pleind’amour. On aurait dit que chacun était son enfant, sa mère, son frère, son trésor.Elle les serrait dans ses p’tits bras menus, les contemplait dans le profond de leurâme, son regard planté dans leurs yeux étonnés, elle les bécotait, leur caressait lescheveux avec tendresse, leur disait des mots doux, des mots tout en coton. Elledistribuait à pleines doses la joie dont elle débordait ! Tellement émouvant !Les amis, quel est-il notre outil de paradis à nous ? La danse, la couture, la nature, lacuisine, la nage, la chasse aux papillons, la collection de cocottes en papier ? Quelleest la source qui remplit nos réservoirs d’une sève si puissante qu’il nous estimpossible ensuite de ne pas la redistribuer ? Cultivons-la cette source, pratiquons-la, que notre semaine en soit nourrie jusqu’à débordement !
Cultivons nos sources jusqu’à débordement !
Cultivons nos sources jusqu’à débordement !
En Ehpad la semaine dernière, je cherchais ma patiente Danielle. Danielle commetoutes les personnes atteintes d’Alzheimer, est fragile, désorientée, mais ce quifrappe quand on la croise, c’est son visage et son sourire, sur lesquels on lit entransparence son cœur doux comme du papier de soie.Quand j’arrive en début d’après-midi, je trouve habituellement Danielle assise dans lesalon sur un rayon de soleil, dodelinant du menton parmi ses copains d’âge, dans unroupillon bien mérité. Elle repère probablement mon arrivée à ma voix car il suffit queje fasse 2 pas vers elle pour qu’elle relève vers moi son regard bleu du ciel. Ellem’attend, elle sait que ma venue est synonyme de chant, et le chant c’est sonespace à elle, sa clé, son moment, un temps suspendu pendant lequel sa maladies’efface, une bulle pendant laquelle sa mémoire est active, vaillante, vive, relevée,généreuse.Danielle est passionnée de chansons, elle est une artiste à la mémoire truffée denotes, de croches et triolets, de silences et soupirs qui signifient la vie, vibrante demultiples mélodies et des paroles qui vont avec. Il y a la Danielle courbée,laborieuse, qui traine et tire sur le carrelage ses semelles qui semblent peser si lourd,le visage vers le sol, la démarche chaotique, les chutes fréquentes, Et il y a laDanielle qui chante, qui relève buste et visage, qui ouvre son gosier comme unoiseau de paradis et s’envole sur les portées de chansons de tous âges, en souriant,ouverte au monde, en respirant, oxygénée, et qui alors dit tout, qui communie avecles anges et les étoiles !Après qu’elle ait chanté, elle reste dans cet état d’ouverture, quasi d’extase, encoreun moment, comme les flocons des boules à neige en lent suspens au-dessus dupaysage. Dans cet état, le cœur de Danielle est dans ses yeux, dans ses mains,dans ses bras, dans ses jambes. La ferveur musicale qui l’habite navigue dans soncorps comme une sève. Et Danielle partage et diffuse autour d’elle cette chaleurjoyeuse qui la porte.C’est dans cet élan que je l’ai vue la semaine dernière sortir de notre salle aprèsl’atelier chant, marcher, ou plutôt voguer à la rencontre des résidents les jambesvigoureuses et les talons soulevés, les embrasser un à un dans un geste pleind’amour. On aurait dit que chacun était son enfant, sa mère, son frère, son trésor.Elle les serrait dans ses p’tits bras menus, les contemplait dans le profond de leurâme, son regard planté dans leurs yeux étonnés, elle les bécotait, leur caressait lescheveux avec tendresse, leur disait des mots doux, des mots tout en coton. Elledistribuait à pleines doses la joie dont elle débordait ! Tellement émouvant !Les amis, quel est-il notre outil de paradis à nous ? La danse, la couture, la nature, lacuisine, la nage, la chasse aux papillons, la collection de cocottes en papier ? Quelleest la source qui remplit nos réservoirs d’une sève si puissante qu’il nous estimpossible ensuite de ne pas la redistribuer ? Cultivons-la cette source, pratiquons-la, que notre semaine en soit nourrie jusqu’à débordement !
Propositions
jeudi 24 septembre 2026
Notre cœur d’enfant !
Je pédalais l’autre jour sur mon p’tit vélo électrique derrière un binôme très touchant.Une mère et son petit. Lui, calé à l’arrière dans son siège bébé, ne voyait que le dosde sa maman et pleurait à gros bouillons. Elle, activant (…)
lundi 21 septembre 2026
Notre cœur d’enfant !
Je pédalais l’autre jour sur mon p’tit vélo électrique derrière un binôme très touchant. Une mère et son petit. Lui, calé à l’arrière dans son siège bébé, ne voyait que le dos de sa maman et pleurait à gros bouillons. Elle, activant (…)
lundi 14 septembre 2026
Un cœur centenaire, un cœur de chair !
Je vous espère en belle forme corps et cœur !Dans l’un des centres Alzheimer où j’interviens en chant et danse-thérapie, je montedans les étages cueillir pour l’atelier mes (…)
lundi 7 septembre 2026
Claudette, le goût de la fête !
[ Rediffusion ] Depuis quelques mois, je retrouve ma p’tite patiente Claudette au centre d’accueilAlzheimer où j’interviens. Elle a bientôt 100 ans, et me touche, me fascine de (…)
vendredi 4 septembre 2026
Le rire est un répit !
[ Rediffusion ] Le rire est un tonique, un soulagement, un répit qui permet d'atténuer la douleur. C’est Charlie Chaplin, ce génie du drôle et du libre, qui le dit. Et c’est tellement juste bien sûr ! Je l’ai expérimenté ce matin (…)
jeudi 3 septembre 2026
Fleur de Lune ou Oiseau du Paradis ?
[ Rediffusion ] L’autre jour en rentrant dans le salon, une pauvre plante verte toute assoifféetotalement avachie dans son joli pot en terre, m’est apparue soudainement dans (…)

Réagir à cette émission Cliquez ici