Dans les rues, les trajets, les rames de métro, on se retrouve très fréquemmentvoisin d’un humain casqué ou bardé d’oreillettes bien calées sur les tympans, quiondule en marchant sur un tempo qu’on n’entend pas, qui claque des doigts avecdes airs inspirés sur des rythmes qui nous échappent, qui parfois même marmonnentdes notes sur des mélodies qui ont l’air emballantes. J’aime bien observer ces frèreshumains qui nous côtoient par ci par là tout en restant protégés du réel, abrités dansleurs bulles sonores.Le contraste est étonnant, entre leur présence corporelle particulièrement visible carils bougent avec une ferveur qu’on n’a pas sans musique, trottinent en dansant, sedéhanchent en balançant de la tête, à côté de nous qui marchons tout bonnement,sans geste ni mouvement spécialement expressif, et leur absence partielle ou totaleau réel.L’autre jour, une jeune femme faisait des longueurs épatantes sur le quai enattendant le métro, elle dansait quasi comme dans une salle de gala. Elle levait hautun genou puis l’autre, penchait le buste en étalant les bras, swinguait à fond, clapaitdes mains en se repliant en 2, regardait le plafond, claquait de la langue, rasait le pifdes voyageurs amusés sans du tout réaliser qu’elle était observée de tous les côtés.Elle était à fond dans son trip, hermétique au reste du monde. Elle prenait sonespace, évoluait dans sa bulle, sans interaction avec le reste des humains présents.Elle s’exprimait, pour elle seule, sans conscience apparente d’être au milieu desautres. Elle vivait son moment à elle, l’incarnait sans complexe, sans aucuneattention au cadre environnant. C’était joli, touchant, et à la fois cette absence totalede contact avec le monde réel révélait une fragilité, une douleur. J’avais envie de laraccorder à nos présences, de lui dire « danse, libère-toi, mais oui quelle belle idée,mais console toi aussi d’être parmi d’autres, tu n’es pas seule ».C’est un peu dans une bulle analogue que le patient laisse sa créativité aller enatelier chant ou danse-thérapie, avec cette différence notoire qu’il est conscientd’être dans un cadre, dans un espace dédié, dans un temps défini, et que ce tempsd’expression créative n’est pas vécu de façon isolée. Bien au contraire il est vécu enlien, avec le thérapeute, avec le reste du groupe. Une bulle oui, mais pas unisolement. Un espace de rêve oui, mais connecté au réel comme lieu de réparation.Une échappée, un voyage artistique, oui, mais avec un ancrage corporel dans laréalité, condition pour libérer les douleurs et souffrances.Il est bon de lâcher-prise, évadons-nous, reconnectons-nous à nos âmes de poètes,quittons le mental, oublions pour un temps contraintes et efficacité, nourrissons nosbulles personnelles vitales, tout en restant reliés, ancrés, enracinés.Que votre semaine soit belle, dansante, en conscience !
Bulle bienfaisante ou isolement ?
Bulle bienfaisante ou isolement ?
Dans les rues, les trajets, les rames de métro, on se retrouve très fréquemmentvoisin d’un humain casqué ou bardé d’oreillettes bien calées sur les tympans, quiondule en marchant sur un tempo qu’on n’entend pas, qui claque des doigts avecdes airs inspirés sur des rythmes qui nous échappent, qui parfois même marmonnentdes notes sur des mélodies qui ont l’air emballantes. J’aime bien observer ces frèreshumains qui nous côtoient par ci par là tout en restant protégés du réel, abrités dansleurs bulles sonores.Le contraste est étonnant, entre leur présence corporelle particulièrement visible carils bougent avec une ferveur qu’on n’a pas sans musique, trottinent en dansant, sedéhanchent en balançant de la tête, à côté de nous qui marchons tout bonnement,sans geste ni mouvement spécialement expressif, et leur absence partielle ou totaleau réel.L’autre jour, une jeune femme faisait des longueurs épatantes sur le quai enattendant le métro, elle dansait quasi comme dans une salle de gala. Elle levait hautun genou puis l’autre, penchait le buste en étalant les bras, swinguait à fond, clapaitdes mains en se repliant en 2, regardait le plafond, claquait de la langue, rasait le pifdes voyageurs amusés sans du tout réaliser qu’elle était observée de tous les côtés.Elle était à fond dans son trip, hermétique au reste du monde. Elle prenait sonespace, évoluait dans sa bulle, sans interaction avec le reste des humains présents.Elle s’exprimait, pour elle seule, sans conscience apparente d’être au milieu desautres. Elle vivait son moment à elle, l’incarnait sans complexe, sans aucuneattention au cadre environnant. C’était joli, touchant, et à la fois cette absence totalede contact avec le monde réel révélait une fragilité, une douleur. J’avais envie de laraccorder à nos présences, de lui dire « danse, libère-toi, mais oui quelle belle idée,mais console toi aussi d’être parmi d’autres, tu n’es pas seule ».C’est un peu dans une bulle analogue que le patient laisse sa créativité aller enatelier chant ou danse-thérapie, avec cette différence notoire qu’il est conscientd’être dans un cadre, dans un espace dédié, dans un temps défini, et que ce tempsd’expression créative n’est pas vécu de façon isolée. Bien au contraire il est vécu enlien, avec le thérapeute, avec le reste du groupe. Une bulle oui, mais pas unisolement. Un espace de rêve oui, mais connecté au réel comme lieu de réparation.Une échappée, un voyage artistique, oui, mais avec un ancrage corporel dans laréalité, condition pour libérer les douleurs et souffrances.Il est bon de lâcher-prise, évadons-nous, reconnectons-nous à nos âmes de poètes,quittons le mental, oublions pour un temps contraintes et efficacité, nourrissons nosbulles personnelles vitales, tout en restant reliés, ancrés, enracinés.Que votre semaine soit belle, dansante, en conscience !
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