Arrivant au Siam (Thaïlande actuelle) en septembre 1663, François Pallu, un des fondateurs des Missions Étrangères de Paris écrivait, rejoignant les images de notre évangile :
« Voilà le pont commencé, trop heureux si nos carcasses et nos os, aussi bien que ceux de nos chers frères, pouvaient servir de pilotis pour l’affermir et faire un chemin plein et ouvert à de braves missionnaires et moissonneurs, pour venir faire une ample récolte en ces champs si fertiles et qui promettent une si grande abondance. »
« Trop heureux » ! Voilà qui consonne avec le désir et le regret qui alimentaient la confession de Jésus : « La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux » (Mt 9, 37). Voilà qui consonne avec la vigoureuse supplique de Jésus : oui « priez donc le Maître de la moisson » ; et « priez » dans cet Évangile, c’est « implorez ». L’enjeu est alors immense et le demeure ! L’ardeur du cœur de Dieu est là comme un impératif ! Mais comment l’entendre ?


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