« Voici ton roi… pauvre et monté sur un âne » (Za 9, 9).
Un roi, monté sur un âne, quelle dérision, quelle humiliation… ou quelle humilité ! C’est pourtant le résumé de la condition humaine ! Rien que ça. Une clé d’interprétation nous est donnée par saint François d’Assise, qui nous quittait pour le Ciel il y a 800 ans. Il nous laissait, jusqu’à la résurrection des corps, sa dépouille mortelle, son « frère »… « frère âne », comme il aimait à appeler son corps. « Frère âne » car « devant porter de lourds fardeaux » et « être nourri de vil fourrage » [1].
Si l’âne, c’est le corps, alors qui est le roi de la prophétie de Zacharie ? Le roi, c’est l’âme dans ce qu’elle a de plus haut, notre raison, notre capacité de connaître et d’aimer, de recevoir Dieu et de s’unir à lui. Notre raison, supérieure à notre corps, doit régner sur lui, étendre sa domination sur cet animal rétif et obstiné. Comme dit saint Paul, nous devons être sous l’emprise de l’Esprit et non de la chair. On connaît ces tentations, ce gâteau qui se présente à nous juste avant la messe et sur lequel nous nous jetterions si nous étions sous l’emprise de la chair, mais notre esprit nous fait entrevoir les avantages de la maîtrise de soi, et l’Esprit de Dieu nous fait désirer plus encore le corps du Christ, d’avoir faim de cette union et donc la préparation par le jeûne eucharistique.


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