[ Rediffusion ] Ce matin, en atelier art-thérapie, atelier de chansons, de poésies, de danse libre, j’aiété éblouie par le sourire d’un patient Alzheimer, un sourire de lumière, un sourired’une clarté si profonde et si douce que j’ai été un instant comme en rêve, totalementinondée d’émotion. Certains instants de vie comme celui-là sont des allers-retours auciel, une trouée de paradis dans la nuit. Ces patients atteints de la maladied’Alzheimer souffrent des limites qui s’imposent, ils sont angoissés, perdus, épuisés,ils perdent la mémoire, les repères spatio-temporels, l’autonomie, le sommeil,l’appétit, du poids… Oui ils sont malades, mais avant tout et par-dessus tout, ils sont.Ils sont des êtres à l’existence riche et belle, douloureuse parfois mais passionnantesouvent, leur cœur est chargé d’un vécu unique à la profondeur insondable : ils ontété charpentiers, experts, flics ou profs, ouvriers ou PDG, sportifs, artistes, ils ontaimé, donné, porté, traversé des mers et des déserts, ils sont riches d’émotionsmultiples, intenses, lourdes, vibrantes. Dans le sourire de cet homme ce matin, toutétait là : sa vie entière, chargée d’amour, chargée de lumière, en un bloc, sans retoursur soi. Son sourire respirait l’amour, libre et large comme les ailes d’un aigle. Lesourire d’un enfant qui attend tout, qui espère tout et qui donne tout dans cetteattente ! Radicalement pur, bouleversant. On était en fin d’atelier, embarquésensemble, le groupe de patients et moi, dans une gestuelle simple sur une musiquejoyeusement pepsi, après avoir poétisé, chanté, dialogué, ri aussi. Les barrières del’image, la retenue, l’inhibition légitime, les difficultés d’expression, ces limitesinhérentes à chacun et exacerbées par la maladie, avaient été traversées au fil del’heure, et dans un moment de danse libre, il y a eu ce sourire de paradis sur unvisage de conquérant, un sourire comme une éclaircie fulgurante, chargé de vieintense ! Tellement fort ! Au fond, être art-thérapeute, c’est être l’heureux réceptacledes merveilles que nous offrent nos patients, c’est vivre par eux des instants degrâce qui marquent le cœur durablement, c’est vibrer de leur lumière profonde. Ilsuffit pour ça de mettre à l’unisson nos cœurs d’enfants. Cet homme dans sonsourire ce matin a tout dit, tout donné, le plus beau, l’essentiel, ce qu’il est. Si nousavons des jambes et des bras, une mémoire vive, la langue bien pendue, desrepères stables, nous sommes chanceux, mais si nous nous offrons les uns auxautres des sourires aussi beaux que la lumière du soleil, comme celui qui m’aincendiée le cœur ce matin, alors nous sommes des rois !
La puissance d’un sourire !
La puissance d’un sourire !
Ce matin, en atelier art-thérapie, atelier de chansons, de poésies, de danse libre, j’aiété éblouie par le sourire d’un patient Alzheimer, un sourire de lumière, un sourired’une clarté si profonde et si douce que j’ai été un instant comme en rêve, totalementinondée d’émotion. Certains instants de vie comme celui-là sont des allers-retours auciel, une trouée de paradis dans la nuit. Ces patients atteints de la maladied’Alzheimer souffrent des limites qui s’imposent, ils sont angoissés, perdus, épuisés,ils perdent la mémoire, les repères spatio-temporels, l’autonomie, le sommeil,l’appétit, du poids… Oui ils sont malades, mais avant tout et par-dessus tout, ils sont.Ils sont des êtres à l’existence riche et belle, douloureuse parfois mais passionnantesouvent, leur cœur est chargé d’un vécu unique à la profondeur insondable : ils ontété charpentiers, experts, flics ou profs, ouvriers ou PDG, sportifs, artistes, ils ontaimé, donné, porté, traversé des mers et des déserts, ils sont riches d’émotionsmultiples, intenses, lourdes, vibrantes. Dans le sourire de cet homme ce matin, toutétait là : sa vie entière, chargée d’amour, chargée de lumière, en un bloc, sans retoursur soi. Son sourire respirait l’amour, libre et large comme les ailes d’un aigle. Lesourire d’un enfant qui attend tout, qui espère tout et qui donne tout dans cetteattente ! Radicalement pur, bouleversant. On était en fin d’atelier, embarquésensemble, le groupe de patients et moi, dans une gestuelle simple sur une musiquejoyeusement pepsi, après avoir poétisé, chanté, dialogué, ri aussi. Les barrières del’image, la retenue, l’inhibition légitime, les difficultés d’expression, ces limitesinhérentes à chacun et exacerbées par la maladie, avaient été traversées au fil del’heure, et dans un moment de danse libre, il y a eu ce sourire de paradis sur unvisage de conquérant, un sourire comme une éclaircie fulgurante, chargé de vieintense ! Tellement fort ! Au fond, être art-thérapeute, c’est être l’heureux réceptacledes merveilles que nous offrent nos patients, c’est vivre par eux des instants degrâce qui marquent le cœur durablement, c’est vibrer de leur lumière profonde. Ilsuffit pour ça de mettre à l’unisson nos cœurs d’enfants. Cet homme dans sonsourire ce matin a tout dit, tout donné, le plus beau, l’essentiel, ce qu’il est. Si nousavons des jambes et des bras, une mémoire vive, la langue bien pendue, desrepères stables, nous sommes chanceux, mais si nous nous offrons les uns auxautres des sourires aussi beaux que la lumière du soleil, comme celui qui m’aincendiée le cœur ce matin, alors nous sommes des rois !
Propositions
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