S'abonner à l'émission mardi 14 juillet 2026 Art-thérapie Durée 3 min

Chant et danse-thérapie, un voyage poétique !

[ Rediffusion ] Assise côté fenêtre dans un train l’autre jour entre Toulouse et Paris, j’observais lepaysage littéralement avalé par la vitesse du TGV. Je le trouvais tristounet cepaysage : façades d’immeubles gris rasant les voies, à peine protégées par une haietoute mince, belles maisons probablement plantées à l’origine dans un décorchampêtre puis gâchées par la construction d’une nouvelle ligne ferrée. Je pensaisaux habitants de ces lieux, soumis yeux et oreilles depuis leur chambre, leur salon etleur balcon, aux incessants passages de trains. Leurs rêves, s’ils ont le temps d’enfaire, doivent être peuplés de sifflements et peut-être même de tremblements. Mêmesi j’aime le train et qu’il peut être pour certains un vrai sujet de passion, je ne seraispas fana de l’avoir sous le pif tout près serré. Je me disais que nous étions biendésinvoltes nous tous voyageurs d’un moment, à plonger ainsi nos regards dans lavie des gens, quelques fractions de secondes dans un passage éclair à leur couperle souffle, et à disparaître aussitôt sans crier gare. Nous, voyageurs, assisconfortablement dans nos rames, nous avançons, et vite, eux résidents le long desvoies, sont soumis passivement à nos passages. Nous, nous avons du recul, en uninstant, la rencontre, la collision, entre dans le passé, tandis qu’eux sont soufflés parle train dans toute sa longueur, l’évènement dure, et se répète, à fréquencesrégulières ! Je me projetais dans leur situation et me sentais envahie, agressée,quand subitement le paysage à la fenêtre a changé radicalement d’aspect : après lesséries d’immeubles et de maisons à ras des voies, des champs à perte de vue, unhorizon ouvert, large, lumineux, le ciel coloré, des nuages aux formes féériques, etl’enfant du siège de devant qui crie sans contenir son éblouissement : ho mais quec’est beau ! Son cœur, et le mien avec, à la vue de ce paysage, avait fait un bond, ças’entendait dans le timbre. Tout à coup on était éblouis, nourris, apaisés, un peurassurés, on retrouvait de l’espoir pour nos congénères des immeubles, ils pouvaientau moins sortir en balade dans des beaux espaces verdoyants à la sortie de leursquartiers pour un minimum de respiration ! C’est ce qui se passe en chant et danse-thérapie : ce phénomène de recul qu’apporte la beauté de la nature, qui ouvrel’horizon et apaise le système émotionnel, est l’analogue de l’effet qu’apporte lacréation. Les patients arrivent, tendus, gris, fatigués, parfois écrasés par desémotions négatives, et par le chant, les émissions sonores en tous genres, par ladanse, les mouvements rythmés, ondulés, l’horizon s’ouvre, ils retrouvent souffle etconfiance, le corps se détend, le cœur se dilate, les émotions lourdes s’apaisent, etcomme l’enfant du train, ils crient régulièrement : qu’est-ce que ça fait du bien ! Onaime peut-être depuis l’enfance voir passer les trains du haut d’un pont ou derrièreune barrière bucolique, mais on n’est pas faits pour y rester toujours ! Pour notresanté corporelle et psychique, les changements réguliers de paysage s’imposent, lesilence, l’horizon, l’air. Sans avoir à partir, chanter, danser apportent ce reculbienfaisant. Quand nous nous sentons envahis par le bruit, la vitesse ou la répétitiondes jours, ouvrons nos cordes, bougeons nos corps, en sons et rythmes sansprétention ! Que votre semaine soit belle, toute nourrie de voyages poétiques !

Chant et danse-thérapie, un voyage poétique  !
Assise côté fenêtre dans un train l’autre jour entre Toulouse et Paris, j’observais lepaysage littéralement avalé par la vitesse du TGV. Je le trouvais tristounet cepaysage  : façades d’immeubles gris rasant les voies, à peine protégées par une haietoute mince, belles maisons probablement plantées à l’origine dans un décorchampêtre puis gâchées par la construction d’une nouvelle ligne ferrée. Je pensaisaux habitants de ces lieux, soumis yeux et oreilles depuis leur chambre, leur salon etleur balcon, aux incessants passages de trains. Leurs rêves, s’ils ont le temps d’enfaire, doivent être peuplés de sifflements et peut-être même de tremblements. Mêmesi j’aime le train et qu’il peut être pour certains un vrai sujet de passion, je ne seraispas fana de l’avoir sous le pif tout près serré. Je me disais que nous étions biendésinvoltes nous tous voyageurs d’un moment, à plonger ainsi nos regards dans lavie des gens, quelques fractions de secondes dans un passage éclair à leur couperle souffle, et à disparaître aussitôt sans crier gare. Nous, voyageurs, assisconfortablement dans nos rames, nous avançons, et vite, eux résidents le long desvoies, sont soumis passivement à nos passages. Nous, nous avons du recul, en uninstant, la rencontre, la collision, entre dans le passé, tandis qu’eux sont soufflés parle train dans toute sa longueur, l’évènement dure, et se répète, à fréquencesrégulières  ! Je me projetais dans leur situation et me sentais envahie, agressée,quand subitement le paysage à la fenêtre a changé radicalement d’aspect  : après lesséries d’immeubles et de maisons à ras des voies, des champs à perte de vue, unhorizon ouvert, large, lumineux, le ciel coloré, des nuages aux formes féériques, etl’enfant du siège de devant qui crie sans contenir son éblouissement  : ho mais quec’est beau  ! Son cœur, et le mien avec, à la vue de ce paysage, avait fait un bond, ças’entendait dans le timbre. Tout à coup on était éblouis, nourris, apaisés, un peurassurés, on retrouvait de l’espoir pour nos congénères des immeubles, ils pouvaientau moins sortir en balade dans des beaux espaces verdoyants à la sortie de leursquartiers pour un minimum de respiration  ! C’est ce qui se passe en chant et danse-thérapie  : ce phénomène de recul qu’apporte la beauté de la nature, qui ouvrel’horizon et apaise le système émotionnel, est l’analogue de l’effet qu’apporte lacréation. Les patients arrivent, tendus, gris, fatigués, parfois écrasés par desémotions négatives, et par le chant, les émissions sonores en tous genres, par ladanse, les mouvements rythmés, ondulés, l’horizon s’ouvre, ils retrouvent souffle etconfiance, le corps se détend, le cœur se dilate, les émotions lourdes s’apaisent, etcomme l’enfant du train, ils crient régulièrement  : qu’est-ce que ça fait du bien  ! Onaime peut-être depuis l’enfance voir passer les trains du haut d’un pont ou derrièreune barrière bucolique, mais on n’est pas faits pour y rester toujours  ! Pour notresanté corporelle et psychique, les changements réguliers de paysage s’imposent, lesilence, l’horizon, l’air. Sans avoir à partir, chanter, danser apportent ce reculbienfaisant. Quand nous nous sentons envahis par le bruit, la vitesse ou la répétitiondes jours, ouvrons nos cordes, bougeons nos corps, en sons et rythmes sansprétention  ! Que votre semaine soit belle, toute nourrie de voyages poétiques  !
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